travail au noir

12 jul. 26

Je pensais faire des photos,

essayer de comprendre le phénomène des reflets sur l’émail de plomb et trouver une solution pour photographier mes bols verts sans mal.
Alors, j’ai totalement obturé la lumière dans l’atelier pour essayer de ne travailler qu’à partir de lumières électriques, détournées, réfléchies.
Puis les canicules sont arrivées, l’une après l’autre. Porteuses de tous les mauvais rêves imaginés : plus d’eau, des températures insupportables, l’impossibilité de se mettre au travail.
L’atelier confiné dans le noir est resté frais. Le seul endroit fréquentable de la maison. De plus l’espace y a été libéré depuis peu. Toujours pour les photos ! Alors, tous les après-midis, j’y suis et y travaille tranquillement. Je fais de petites pièces, des bouts d’architectures générés par une phrase de Marcel Proust se référant aux peintures de Vermeer : ce petit pan de mur jaune avec un auvent…
Bergotte le découvrit sur une vue de Delft datant de 1660
Je suis donc reparti sur ces petites sculptures ruiniformes qui, peut-être par endroits, seront colorées du jaune qui rend les choses précieuses.
Le petit pan de mur a su tuer Bergotte, moi, il me remet au travail.

Extrait du texte de M. Proust lu par François BON
https://www.youtube.com/watch?v=J8RdnK39mXo