Les reprises – le temps

30 sep. 25

Reprendre l’habitude de l’écriture,

redire les mots et les noter pour concrétiser une pensée quotidienne fugace ; finalement le tsunami semble s’éloigner mais les traces laissées sont indélébiles.
Si le désir de faire réapparait, je ne sens plus la nécessité de montrer ce que je fais de la même manière. Les projets seront donc plus éloignés les uns des autres, et plus choisis.
La maladie et le départ de M., m’ont momentanément anéanti. Et je ressens d’autant plus l’importance de l’atelier capharnaüm dans son acception hébraïque : le lieu du consolateur. Reste à passer les caps.
Accepter mes meurtrissures.
Sortir de la tristesse pour m’engluer à nouveau dans un travail qui sera, je le crois, plus essentiel encore.

La musique m’aura accompagnée plus que d’habitude : Laurie Anderson, Patrick Watson, Thomas de Pourquery, Beth Gibbons et quelques autres.
Des musiques de nuances, des musiques où le silence a toute son importance comme parfois le blanc entre les mots, le vide dans les sculptures. Ou plus exactement, comme j’aimerais le trouver.
Le retrouver.

J’arrête un peu les pots… j’étais arrivé à un automatisme qui me fait peur. Je ne referai que ceux vraiment qui naissent tout seuls. Sans volonté, sans calculs.
Seule, la terre décide. La terre, les mains et le temps.
Comment évoquer le temps que je passe sur les pièces ? Ce temps qui s’étire et qui disparait.
La maladie, c’est le temps compté.
Le travail, c’est l’infini, l’indéfini.
Le temps donné.
Le temps qui m’est donné et le temps que je donne au travail.
Je le prends ce temps comme tout ce qu’il me reste, et j’essaie encore une fois de résoudre mes questions. J’essaie au moins de les énoncer.
L’atelier se charge de petites expériences. Je ne sais pas ce qu’il en restera.

image : la somme - noir au poirier qui penche en juillet 2024